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La canne de grand-père: (Texte)

La canne de grand-père

 

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Grand-père est un peu magicien. Quand je vais le voir, il fait disparaître mon mouchoir. Puis il le fait réapparaître, là, en me chatouillant derrière l’oreille. Alors, son rire d’ogre doux résonne dans le salon.

- Je t’ai bien eu, Antoine. Tant que je peux te taquiner, c’est que je ne suis pas un vieil homme.

Mais ce matin, grand-père est très sérieux. Il a de plus en plus mal à marcher. Mamie lui dit tout le temps de rester assis. Pourtant, en s’appuyant sur sa canne, il m’emmène dans le jardin.

- Mon petit, me dit-il en soufflant, je veux planter cet arbuste avec toi. Ce sera comme un secret entre nous.

Je creuse le trou. Pendant ce temps, grand-père raconte :

- Si j’étais un grand magicien, je planterais ma canne et elle deviendrait un arbre.

Cette canne, c’est mon grand-père qui me l’a donnée. Avec elle, j’ai joué à Charlot et je me suis battu plus d’une fois avec des chevaliers fantômes. Elle m’a servi aussi à détacher les fruits des arbres.

Grand-père souffre trop pour marcher. Il ne voit plus l’arbuste planté que par la fenêtre. Ses yeux changent un peu de couleur.

Je ne veux pas parler de sa maladie, lui non plus. Alors, nous parlons de l’arbuste.

Lorsque j’arrose doucement notre arbre, grand-père sourit.

Ce matin, au réveil, je ne trouve pas maman. Où est-elle ?

Là voilà ! Elle arrive en pleurant et dit :

- Grand-père est mort. Il s’est endormi cette nuit et ne s’est pas éveillé.

D’abord, je ne veux pas y croire. C’est trop injuste. Je me dis :

- Grand-père est un magicien. Il a disparu comme ça, pour jouer, il va revenir.

Mais je sais que je ne le verrai plus. Maman m’a expliqué que chacun a son temps de vie. C’est vrai pour les humains, pour les oiseaux et même pour les planètes.

Maman me parle de grand-père : c’était un sacré aventurier. Il n’avait peur de rien.

Alors, j’ai dit à maman :

Grand-père n’a pas dû non plus avoir peur de la mort.

Papa est revenu. Je cours me jeter dans ses bras. C’est son papa à lui qui est mort. Mamie pleure très fort. Elle m’offre la canne de grand-père et murmure :

- Il voulait que je te la donne, Antoine. Encore une de ses blagues, sans doute !

Je saisis la canne et je la serre contre moi, comme un trésor.

A l’enterrement, il y avait beaucoup de fleurs.

C’est bizarre d’imaginer mon grand-père dans cette boite.

- Son corps est là mais esprit est en voyage, quelque part m’a dit papa.

Sophie arrive chez nous avec son grand-père, un ami du mien. Je tire Sophie par la manche :

- Chut ! Suis-moi. Viens vite !

Je cours chercher la canne. Pour la jolie Sophie, je la lance dans les branches du châtaigner. Des fruits tombent. J’avoue à Sophie :

- Tu sais, je t’ai emmenée ici pour te parler de ma tristesse. C’est difficile à dire mais j’ai besoin que tu m’écoutes. Mon grand-père est mort, ça fait un vide dans mon cœur.

Ce soir, je retire mes jouets pour poser la canne sur la table de ma chambre. En la regardant, je revois grand-père, le jour où il m’a demandé de planter un arbuste. C’était sa dernière promenade. Elle était pour moi. Je pleure un peu. Dès demain et chaque jour, j’arroserai l’arbre en secret.

Le soleil s’est levé tôt, ce matin. Le temps est sec. Je suis inquiet pour notre arbre. Mais il va bien. On dirait même qu’il a déjà grandi. Rêve-t-il de toucher le ciel ? Un arbre comme celui-là vivra très longtemps. Oui, il sera aussi vivant que le visage de grand-père dans ma mémoire.

J’ai confié ma tristesse à papa. Maintenant, je lui montre la canne. En me voyant marcher avec elle, il me dit que j’ai des airs de Charlot. Papa aussi la connaît, cette canne ! Autrefois, il la chipait pour jouer aux chevaliers fantômes avec des copains de sa classe.

Cette nuit, j’ai encore rêvé de grand-père. Mais cette fois, ce n’était plus triste. Plus cette pièce entourée de rideaux noirs et de gens qui pleurent. Dans mon rêve, je suis sur une scène, habillé en magicien. Devant moi, une canne fleurit. Dans la salle, un vieil homme m’applaudit.

Aujourd’hui, à peine sorti du rêve, je rencontre Sophie dans le village. Je lui propose un jeu. J’essaie de faire disparaître mon mouchoir. J’ai presque réussi. J’en profite pour la chatouiller derrière l’oreille. Elle rit et me dit que plus tard, je serai magicien.

Je crois que je l’aime pour la vie

La vie est belle comme Sophie.

Dans :
Par gassoumimedlazhar
Le 27 mars, 2008
A 21:47
Commentaires : 5
 

5 Commentaires

  1.  
    houda
    houda écrit:

    c’est une belle revue

  2.  
    emna ouerfelli
    emna ouerfelli écrit:

    je veux le résumé

  3.  
    maissa
    maissa écrit:

    je veux coupier these in the notebook

  4.  
    oumaima haddad
    oumaima haddad écrit:

    cool text

  5.  
    chaima
    chaima écrit:

    wawwwwwwww i love you (l)

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